Arrêt de travail, invalidité, décès : pour un artisan, un commerçant ou un libéral, chacun de ces coups durs touche à la fois les revenus du foyer et la survie de l’activité. C’est sur ce terrain que Thélem assurances, assureur mutualiste basé à Chécy dans le Loiret, a présenté le 27 octobre 2026 une nouvelle version de son contrat Prévoyance Pro, destiné aux travailleurs non-salariés. L’occasion de faire le point sur ce que change cette offre et, plus largement, sur la façon de bâtir sa prévoyance quand on est à son compte.
Plan de l'article
Ce que Thélem annonce #
D’après le communiqué de presse publié par l’assureur, la gamme est désormais organisée en trois étages :
Quatre formules packagées, qui combinent des garanties en cas d’arrêt de travail, la prise en charge des frais professionnels et des garanties décès incluant des rentes. L’objectif affiché est de rendre le choix plus lisible et d’accélérer la souscription.
À lire Commerces pillés : ce que couvre vraiment l’assurance multirisque professionnelle
Une formule sur mesure, qui permet d’ajuster le niveau des indemnités journalières et des garanties décès. L’assureur met en avant le choix des franchises et la possibilité de rachat de franchise.
Une formule « accident », accessible sans formalités médicales, présentée comme une première marche pour ceux qui ne sont pas encore couverts.
L’offre vise les artisans, commerçants, professions libérales, agriculteurs et dirigeants relevant du statut de TNS, ainsi que les micro-entrepreneurs. Thélem indique viser en priorité les 25-45 ans, une tranche qu’il juge encore insuffisamment équipée. Pour les assurés éligibles, le contrat ouvre droit au dispositif fiscal Madelin, « dans les conditions et limites prévues par la réglementation ». Le communiqué ne mentionne aucun tarif : le montant de la cotisation reste à établir en agence, selon le métier, l’âge et les garanties retenues.
Un marché de près de cinq millions d’indépendants #
Le contexte explique l’intérêt des assureurs pour ce segment. Selon le bilan publié par l’Urssaf le 25 septembre 2026, la France comptait fin 2025 près de 4,94 millions de travailleurs indépendants, en hausse de 3,1 % sur un an. La progression ralentit, mais elle reste portée par les auto-entrepreneurs, souvent les moins bien protégés.
À lire CNI AXA France : Assurance Pro Complète
Le régime obligatoire des indépendants verse des indemnités journalières, mais leur niveau et leurs conditions d’accès restent en retrait de ce que connaît un salarié couvert par un contrat collectif d’entreprise. Pour un indépendant, il n’y a ni maintien de salaire par l’employeur, ni prévoyance collective obligatoire : la couverture complémentaire est une démarche individuelle.
Pourquoi tant d’indépendants restent sans prévoyance #
L’observatoire 2026 du groupe UNMI, réalisé avec OpinionWay auprès de 239 indépendants non couverts entre le 13 mai et le 1er juin 2026, éclaire ce paradoxe. Le risque est bien perçu : 72 % des sondés estiment qu’un arrêt de travail prolongé aurait un impact sur leur situation financière, dont 45 % un impact très important. Mais cette conscience ne débouche pas sur une souscription.
Le coût arrive en tête des freins, cité par 53 % des répondants. L’étude pointe surtout un déficit de conseil : 69 % des indépendants non couverts déclarent n’avoir jamais été conseillés sur la prévoyance. Autre enseignement, la non-couverture ne touche pas que les petits revenus : 19 % des non-couverts réalisent plus de 100 000 euros de chiffre d’affaires annuel.
Les attentes exprimées rejoignent directement la stratégie affichée par Thélem : 51 % des sondés citent une offre plus simple et lisible parmi les éléments qui les inciteraient à s’équiper, et 50 % une simulation claire de l’impact financier d’un arrêt.
À lire GMF Montpellier : Assurance Pro Devis 2026
Comment comparer une offre de prévoyance pro #
Qu’on regarde l’offre de Thélem ou celle d’un autre assureur, quelques points méritent une lecture attentive avant de signer.
La franchise et la durée d’indemnisation
La franchise, ou délai de carence, fixe le nombre de jours d’arrêt non indemnisés. Une franchise courte coûte plus cher mais protège dès les premières semaines ; une franchise longue convient à ceux qui disposent d’une trésorerie de précaution. Le rachat de franchise, que met en avant Thélem, permet de raccourcir ce délai dans certains cas, par exemple en cas d’hospitalisation : il faut vérifier précisément les situations concernées.
Les frais professionnels
Loyer du local, crédit-bail, salaires d’un apprenti, abonnements : ces charges continuent de tomber pendant un arrêt. Une garantie « frais généraux » distincte des indemnités journalières évite de puiser dans le revenu de remplacement pour faire tourner l’entreprise.
Les exclusions et la définition de l’invalidité
Les contrats ne retiennent pas tous la même définition de l’invalidité : certains l’apprécient au regard de la profession exercée, d’autres de façon plus générale. Pour un métier manuel, cette nuance pèse lourd. Les exclusions liées à certaines pathologies, notamment dorsales ou psychiques, sont également à examiner de près.
À lire Chubb Assurance : Solutions Pro 2026
Le questionnaire de santé
Une formule sans formalités médicales simplifie l’accès, mais elle couvre en général un périmètre plus restreint, ici les seuls accidents. Pour une couverture maladie complète, le questionnaire reste la règle, et il doit être rempli avec exactitude pour éviter tout litige au moment du sinistre.
Le conseil, argument central des mutualistes #
Thélem s’appuie sur son réseau d’agents généraux, plus de 300 agences dans 61 départements selon l’assureur. « Au-delà du prix, il s’agit d’accompagner chaque entrepreneur dans le choix d’une protection adaptée à son activité et à ses proches », déclare David Bigot, directeur offre et souscription, dans le communiqué. Au vu des chiffres de l’observatoire UNMI, le manque d’accompagnement apparaît bien comme l’un des principaux verrous.
Pour l’indépendant, la démarche reste la même quel que soit l’assureur : faire chiffrer sa perte de revenus réelle en cas d’arrêt de trois mois, puis comparer au moins deux propositions à garanties équivalentes. Le contrat le moins cher n’est pas toujours celui qui paiera le jour où l’activité s’arrête.



